SALON DU DESSIN - Emmanuel Posnic

10 > Dessine-moi un dessin
Emmanuel Posnic | 06 avril 2007 | 18:47

L'événement est de taille : Paris accueille le 1er Salon du Dessin contemporain. Paris reprend la main, fait la nique à tous les calculs artistico-économiques qui en font une place de seconde zone.

C'est dit, et c'est définitif : Paris est dans la place. Et ce grâce au dessin.

Brossé comme cela, le tableau fait rêver. Paris a compris avant les autres l'attrait et le dynamisme du dessin dans l'art contemporain. On imagine déjà le Salon du Dessin comme un mix avantageux de la foire de Bâle, la Frieze de Londres, l'Armory Show de New York et pourquoi pas en terme d'affluence de l'Arco madrilène. On réquisitionne Beaubourg, on fait le vide au Grand Palais, les Mirage de la Défense nationale reprennent en sillons de fumée un Henri Michaux éphémère, la gauche réévalue son programme en faveur de la création contemporaine... stop ! pas si vite.

Revenons à la réalité. Le 1er Salon du Dessin contemporain s'est ouvert à Paris dans un espace de 2000m2 à proximité de la place de l'Etoile. 37 galeries figurent au programme de cette première édition (pas mal). Parmi elles, 3 galeries sortent nettement du lot, comme des laitières dans un champ de viandeuses : ce sont les seules à ne pas être parisiennes (ah oui, d'accord). Et encore. L'une d'entre elles est basée à Ivry-sur-Seine.

Mais ne soyons pas si cruels. La sélection recèle quelques perles magistrales qui, mine de rien, alimentent avec bonheur les rapports qui se tissent entre l'illustration et l'art contemporain...
En tête de gondole, la galerie Loevenbruck et sa jeune armada (Virginie Barré, Stéphane Sautour, Philippe Mayaux et un tout petit nouveau, Reiser) ; le toujours aussi impeccable Glen Baxter chez Martine et Thibault de la Châtre. Mais il fallait aussi compter sur l'impressionnant mur d'Yvan le Bozec chez Christine Phal, les portraits équivoques de Jean-Luc Moulène dans le grand espace de Chantal Crousel ou bien les choix audacieux d'Anne Barrault et son attention portée sur Jochen Gerner, tout aussi à l'aise aux éditions de l'Association qu'il peut l'être ici.

Tout salon possède ses surprises : celui-ci aura mis en évidence le travail d'une jeune artiste, Nelly Maurel, représentée par Philippe Samuel. Son trait virevolte entre un minimalisme volontairement toc et une profusion gestuelle aux marges de la confusion. Hormis la grande aisance de son dessin, elle prouve que la sémantique et la sémiologie du langage peuvent être traitées avec un humour revivifiant.

De quoi nous faire attendre l'année prochaine...

Voir le blogue d'Emmanuel Posnic