EXPO PORTE-AVION - sur le blog des Mécènes du sud-sept 2008

 mécènes du sud


 
«La rue de l’art», titrait le journal Taktik en 1995 à propos de la rue Sainte et ses alentours. Plus de dix ans après, quelque chose a sensiblement changé, suite à la fermeture de la galerie Roger Pailhas. Signe des temps, l’une des galeries les plus dynamiques et défricheuses de ce périmètre, Porte Avion, rejoint l’impulsion donnée au quartier Longchamp, après un renouvellement des anciens locaux de la galerie Distributeur Officiel, pas très loin de Buy-Sellf. Créée il y a vingt ans par trois artistes, dont Jean-Jacques Le Berre, Porte Avion a toujours gardé un lien privilégié avec l’univers de l’édition (avec un espace librairie), en particulier l’excellent éditeur Al Dante, basé à Aix à ses débuts (qui réapparaît actuellement après un dépôt de bilan). A leur actif, des expos remarquées  (la première en France de Carsten Höller en 1991, John Armleder, Sylvie Fleury, une rétrospective de Pierre Moulinier en 1997, Bruno Perramant, William.S Burroughs, Béatrice Cussol, Thomas Lélu…) et la participation à des foires internationales (dont la FIAC et Francfort en 1993). La dernière exposition rue Sainte avec la jeune artiste Nelly Maurel renoue avec leur goût pour les objets littéraires non identifiés, car il s’agit d’un travail qui joue des mots comme on joue aux échecs. Malgré la difficulté de transposer cette démarche dans l’espace, la vidéo réalisée en collaboration avec Pascale Murtin (du groupe Grand Magasin) est une perle d’humour pince-sans-rire, refusant tout effet «poétique» pour faire exploser la littéralité de nos expressions les plus courantes.
Le nouvel espace accueillera le jeune Damien Aspe qui y présente une sculpture rappelant les codes de l’art minimal. On y trouve cependant un approche biaisé de l’abstraction, à l’image d’Olivier Mosset ou John Armleder (avec qui il a collaboré), contaminé par des usages du champ culturel. Ainsi, les volumes colorés de From Russia With Love renvoient au fameux jeu Tetris, inventé en 1985 par le russe Alexey Pajitnov. Le titre de la pièce est le slogan avec lequel le jeu a été commercialisé à l’Ouest, évoquant James Bond et ironiquement le fait que Tetris a été parfois vu comme «la plus efficace des armes de guerre de l’URSS tant il avait fait perdre de temps et de productivité au bloc de l’Ouest pendant les dernières heures de la guerre froide».